AccueilActualitésUn centre de santé au cœur du Diois : l’intercommunalité comme levier.
Un centre de santé au cœur du Diois : l’intercommunalité comme levier.
Dépourvu de médecin depuis 2020, le bassin de Châtillon-en-Diois a relevé le défi : ouvrir un centre de santé porté par une intercommunalité.
C’est dans l’un des territoires les plus isolés de la région qu’une réponse concrète à la désertification médicale vient de voir le jour. Les atouts du Diois — rural, montagneux, avec une faible densité de population — sont aussi des défis en matière d’accès aux soins : temps de trajet importants, absence de transports en commun, premiers plateaux techniques hospitaliers à plus d’une heure de route. Classé en zone d’intervention prioritaire, le territoire reposait sur une démographie médicale tendue, rendant l’ensemble de l’offre particulièrement fragile.
Depuis 2020, le bassin de vie de Châtillon-en-Diois — quelque 2 000 habitant·es — n’avait plus de médecin généraliste. Face à cette situation, plusieurs pistes de solutions ont été explorées. L’idée prend forme : deux médecins remplaçantes, notamment au sein de la Maison de santé de Die déjà implantée depuis 2021, souhaitent exercer en salariat sur ce territoire. Le centre de santé de Châtillon-en-Diois est né de cette rencontre entre une volonté politique locale et une aspiration professionnelle nouvelle.
Un portage intercommunal, levier de solidarité territoriale.
Le choix du portage en intercommunalité n’est pas anodin. La communauté de communes jouait déjà un rôle moteur, en matière d’appui aux communes d’une part, de politique de santé d’autre part, via le contrat local de santé. Une convention de service mutualisé a été mise en place, à laquelle les communes volontaires peuvent adhérer. Le support technique est assuré par l’intercommunalité, et le centre de santé bénéficie d’un budget annexe dédié (le reste à charge financier revient aux communes). Ce modèle permet de mobiliser une expertise et un appui que les communes n’auraient pu porter seules.
Sonia Rochatte, coordinatrice du centre, souligne l’importance du portage politique : « Il faut que les élu·es soient convaincu·es de l’intérêt de ce type de projet. » La gouvernance associe les communes adhérentes, la communauté de communes et les professionnel·les de santé du centre, au sein d’un comité de suivi.

L’accompagnement du GRCS AURA : une ressource dès le début du projet.
Le Groupement Régional des Centres de Santé en Auvergne Rhône-Alpes a été mobilisé dès les premières étapes du projet. Son apport a été multiple : méthodologie de création d’un centre de santé, mise en lien avec d’autres structures — notamment le centre de santé de Saint-Rambert-d’Albon —, aide à la constitution du projet de santé, ou encore mise à disposition d’une matrice budgétaire.
Au-delà du démarrage, le groupement offre aussi, dans la durée, un écosystème soutenant qui permet au centre de santé de bénéficier d’échanges entre pairs, ou encore de partage de bonnes pratiques (Sonia évoque notamment les récents webinaires sur la satisfaction des usager·es et l’accompagnement des personnes transgenres).

Des premiers résultats encourageants.
Ouvert en juillet 2025, le centre accueille aujourd’hui deux médecins, une sage-femme, une infirmière ASALEE (présente deux jours par semaine), une assistante médicale et sa coordinatrice. Premier bilan : les professionnel·les de santé sont satisfait·es de leurs conditions d’exercice, les retours des patient·es sont très positifs, et la pression sur les structures voisines — la maison de santé de Die et les médecins de Luc-en-Diois — s’est allégée. Financièrement, la première année s’est clôturée à l’équilibre, et le budget 2026 est lui aussi présenté équilibré.
La leçon que tire Sonia Rochatte de cette aventure qui commence ? « L’importance du partenariat, de la concertation avec tous les acteurs du territoire — et de ne jamais sous-estimer le rôle du portage politique. »






