AccueilActualitésLes aspirations professionnelles des jeunes médecins : ce que révèle la première promotion passée par la réforme du 3e cycle.
Les aspirations professionnelles des jeunes médecins : ce que révèle la première promotion passée par la réforme du 3e cycle.
Comment s’insèrent professionnellement les premiers internes ayant suivi la réforme du 3e cycle, avec sa phase de consolidation (« docteurs juniors ») ? L’Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alpes a mené l’enquête auprès de la promotion ECN 2017 (Épreuves Classantes Nationales), avec des résultats riches d’enseignements pour tous les acteurs de la santé de la région — centres de santé compris.
Une enquête d’ampleur
947 professionnels de santé ont été sollicités, 456 ont répondu, soit un taux de réponse de 48 %. L’enquête, construite autour de cinq axes (situation actuelle, satisfaction, retour sur l’internat, projections d’avenir, profil des répondants), donne une photographie fine d’une génération de médecins tout juste installée dans la vie active.
Des trajectoires qui se diversifient
Sans surprise, les modes d’exercice diffèrent fortement selon les spécialités. En médecine générale, deux profils dominent : l’installation libérale (42,1 %) et le remplacement (20,4 %). Du côté des spécialités chirurgicales et médicales, le salariat hospitalier reste largement majoritaire, notamment en CHU. Mais la tendance de fond, pour les cinq prochaines années, va vers une diversification des trajectoires et un développement des exercices mixtes, combinant libéral et hospitalier.
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L’équilibre de vie avant tout
C’est sans doute l’enseignement le plus marquant de l’enquête : l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle arrive très largement en tête des critères qui orientent le choix d’exercice futur, devant la vie familiale et le travail en équipe — et bien avant le salaire ou la carrière universitaire. Cette priorité se traduit concrètement : 38,4 % des répondants exercent déjà à temps partiel, et ceux-ci se déclarent nettement plus satisfaits de leur équilibre de vie (80 % satisfaits ou très satisfaits) que leurs collègues à temps plein (50 %).
Globalement, cette génération reste très attachée à son métier : 89 % se disent satisfaits de leur situation professionnelle actuelle et 84 % expriment de la fierté professionnelle. Des points de tension demeurent toutefois : insatisfaction sur la rémunération (41 %), sentiment de perte de reconnaissance sociale (41 %) et difficultés à concilier vie professionnelle et vie personnelle (38 %).
La phase de consolidation, un dispositif plutôt bien accueilli
58,8 % des répondants sont passés par le statut de docteur junior. Le bilan est globalement positif : 76 % se disent satisfaits de cette année, 87 % estiment avoir consolidé leurs compétences et 76 % ont gagné en confiance. Son impact reste en revanche plus limité sur deux points clés : le choix du lieu d’installation et l’accès à l’embauche.
Le cas particulier de la médecine générale
Les médecins généralistes se distinguent par une priorisation encore plus marquée de l’équilibre de vie, un recours plus fréquent au temps partiel, une orientation plus nette vers le libéral, et un moindre engagement dans des parcours universitaires complémentaires. Plus de trois répondants sur quatre (75,7 %) estiment qu’un accompagnement plus personnalisé sur les démarches administratives et financières de l’installation faciliterait une installation rapide en cabinet à la fin des études.
Une attractivité territoriale contrastée
L’enquête met aussi en évidence de fortes disparités selon les territoires de formation.
Lyon et Grenoble sont les villes que les étudiants choisissent le plus volontiers pour effectuer leur internat, et affichent aussi une bonne fidélisation une fois le diplôme obtenu. Saint-Étienne, moins prisée au moment du choix de poste, affiche paradoxalement le taux de fidélisation le plus élevé (92,4 %) : un vrai territoire d’ancrage, où les internes qui s’y forment ont tendance à y rester exercer.
Clermont-Ferrand, à l’inverse, cumule une moindre attractivité à l’entrée et une fidélisation plus modeste (74,4 %) : un territoire à risque de fuite de ses jeunes médecins.
Quelles pistes pour demain ?
L’ARS identifie trois leviers d’action prioritaires : favoriser les exercices souples (mixte, regroupé, coordonné), renforcer l’ancrage territorial dès la formation (stages, accueil, accompagnement), et améliorer les conditions d’exercice au quotidien (équilibre de vie, charge administrative, travail en équipe).
Autant de pistes qui rejoignent les valeurs portées par les centres de santé : exercice coordonné et travail en équipe, statut salarié facilitant l’équilibre de vie et le temps partiel, attention portée aux conditions de travail des soignant·es, et accompagnement des professionnels dans leur installation sur le territoire.
Source : Enquête ECN 2017 « Que sont-ils devenus ? », ARS Auvergne-Rhône-Alpes, présentée par le Dr Sophie Gehin, Responsable du Pôle Formations et Démographie Médicales – Paramédicales (DOS), à l’occasion du Comité Technique Régional du 23 juin 2026.






